Une démarche participative d’ampleur nationale
Les États généraux ont été conçus comme une grande démarche participative, avec une ambition claire : redonner du souffle au pacte social, en ouvrant un débat démocratique sur l’avenir de la santé et de la protection sociale. L’objectif est de se projeter collectivement sur les dix à quinze prochaines années et de répondre à une question essentielle : quel modèle voulons-nous pour demain ?
Cette démarche est structurée en trois grandes étapes. D’abord, une phase de consultation qui a permis de recueillir l’avis de dizaines de milliers de citoyens et de professionnels. Ensuite, une phase de co-construction qui s’appuie sur ces contributions pour élaborer des propositions concrètes. Enfin, une phase de convergence, prévue à partir de l’automne 2026, visant à consolider les travaux pour alimenter le débat public et éclairer les décideurs.
La consultation : une mobilisation active en Bretagne
Entre novembre 2025 et février 2026, une large consultation a été menée auprès des citoyens et des professionnels.
La mobilisation a été au rendez-vous, avec 75 000 participants en France, dont 10 000 professionnels de santé et de l’accompagnement. En Bretagne, cette phase de consultation a également rencontré un écho important. 4 312 citoyens et 1 044 professionnels y ont participé, représentant 5 356 réponses au total sur la région.
Ces contributions ont permis de faire émerger des constats forts : un attachement massif au modèle solidaire, mais aussi une attente claire de réformes pour améliorer l’accès aux soins, les conditions de travail des professionnels ou encore l’organisation du système.
Pour favoriser cette participation, les élu.e.s et les salarié.e.s de la Mutualité Française Bretagne se sont fortement mobilisé.e.s sur le terrain, à la rencontre des publics dans des lieux variés : EHESP, Université Bretagne Sud, Askoria, établissements de soins comme la clinique HGO de Quimper ou le centre de rééducation de Kerpape, à Ploemeur… L’objectif était double : faire connaître la démarche et accompagner les participants dans le remplissage du questionnaire. Cette présence a permis de toucher des publics diversifiés.
2026 : le temps de la co-construction
Après cette première étape, la Mutualité Française Bretagne a organisé avec la CFDT, la FEHAP et l’URIOPSS, la deuxième phase de co-construction à travers des ateliers. En s’appuyant sur les enseignements de la consultation, les ateliers ont permis de faire émerger des propositions, en phase avec les besoins des territoires.
Cinq ateliers pour croiser les regards
Cinq ateliers territoriaux ont ainsi été organisés à Rennes, Saint-Brieuc, Brest, Carhaix et Lorient. Des lieux variés (métropoles, ville moyenne, territoire rural…) et des réalités différentes, avec un objectif commun : créer des espaces de dialogue ouverts, où chacun peut partager son expérience et ses idées.
À Rennes, les échanges ont porté sur la prévention, l’efficience du système de santé ou encore la santé environnementale. À Saint-Brieuc, les discussions se sont concentrées sur les conditions de travail des professionnels et les questions de gouvernance. Brest a accueilli des débats autour du financement et de la santé mentale, tandis que Carhaix a exploré les enjeux liés à la perte d’autonomie et à l’innovation. Enfin, à Lorient, les participants ont travaillé sur le handicap et la santé au travail.
Au total, près de 200 personnes ont pris part à ces rencontres. Mais au-delà du nombre, c’est la diversité et la grande qualité des profils qui marquent : dirigeants et représentants de la CPAM, élus locaux, médecins, directeurs d’établissements hospitaliers, représentants syndicaux, élèves directeurs et directrices d’hôpitaux, professionnel.le.s du soin et de l’accompagnement, acteurs du social… et aussi des jeunes. Cette pluralité a permis de croiser les regards, de nourrir des échanges souvent riches, parfois contrastés, mais toujours constructifs. Également de croiser les expériences et de faire émerger des constats partagés, tout en identifiant des points de débat.
Des thématiques au cœur des enjeux actuels
Les travaux ont porté sur des préoccupations partagées, directement issues de la consultation. Au fil des discussions, plusieurs grandes préoccupations ont émergé. La prévention, d’abord, apparaît comme un levier essentiel. Beaucoup appellent à sortir d’un système centré sur le soin curatif pour investir davantage en amont, dans l’éducation à la santé ou l’accompagnement des modes de vie.
L’accès aux soins reste également un sujet majeur. Difficulté à trouver un médecin traitant ou un spécialiste, délais d’attente trop longs : ces réalités, bien connues, ont été largement partagées. Elles interrogent l’organisation du système et la répartition des professionnels sur le territoire. Les conditions de travail des professionnels ont fait l’objet de nombreux échanges, mettant en lumière un besoin de reconnaissance et d’amélioration des conditions d’exercice.
D’autres thématiques ont également été abordées, comme la santé mentale, de plus en plus identifiée comme un enjeu prioritaire, notamment chez les jeunes, ou encore la santé environnementale, qui souligne le lien croissant entre environnement et santé. Les questions de financement, d’efficience du système, de perte d’autonomie ou encore d’innovation ont également nourri les discussions.
Les échanges ont également fait émerger des pistes d’amélioration : mieux coordonner les acteurs, renforcer la prévention, simplifier les démarches administratives, lutter contre l’utilisation des pesticides, valoriser les métiers du soin…Dans le même temps, certains sujets restent ouverts au débat, comme l’équilibre entre responsabilité individuelle et collective, ou encore les modalités de financement du système.
Une dynamique qui se poursuit
Les contributions issues des ateliers territoriaux viendront alimenter une synthèse globale, prévue à l’automne, afin de nourrir le débat public et d’éclairer les candidat.e.s à l’élection présidentielle.
Au-delà des ateliers, la démarche se poursuivra avec des groupes de travail nationaux et une convention démocratique réunissant des citoyens tirés au sort. L’objectif reste inchangé : construire collectivement des solutions pour un système de santé et de protection sociale plus juste, plus efficace et plus durable.
Les États généraux s’inscrivent ainsi dans une dynamique de long terme. En donnant la parole à une grande diversité d’acteurs et en valorisant les initiatives de terrain, ils contribuent à faire émerger une vision partagée de l’avenir. Rendez-vous à l’automne, pour une restitution publique en Bretagne de cette synthèse nationale.