Préoccupons-nous des jeunes !
Ce titre d’édito peut paraitre étrange alors que la thématique de cette newsletter est consacrée aux personnes âgées. Serais-je hors sujet ? Que nenni ! Pas du tout ! Nope !
Nous devons nous préoccuper d’eux car ce sont eux qui prennent déjà soin de nous ou qui nous accompagneront demain. Faut-il rappeler que 11% des aidants ont moins de 30 ans ? Faut-il rappeler que les jeunes aidants dispensent des aides similaires à celles apportées par les adultes alors même qu’on les désigne sous le terme de « co-aidants » et qu’on les considère comme secondaires ?
Nous devons nous préoccuper d’eux car ce sont eux qui nous permettent de jouir d’une pension de retraite ou de prestations conséquentes en santé. Faut-il rappeler que notre système de protection sociale est financé par les actifs et que l’évolution démographique leur est défavorable avec toujours plus de bénéficiaires et moins de cotisants ? Faut-il rappeler qu’aujourd’hui ce sont les 20-39 ans qui font le plus d’efforts, au regard de leurs moyens, pour faire tenir le système ?
Nous devons nous préoccuper d’eux car ils constituent l’avenir de la société et de la planète. Faut-il rappeler que la santé mentale des jeunes est fortement éprouvée depuis 2020 et la crise liée au Covid-19 ? Faut-il rappeler que l’éco-anxiété dont souffrent des jeunes est renforcée par le sentiment perçu de l’indifférence et l’impuissance des adultes à engager les transitions urgentes et nécessaires pour atténuer le changement climatique et s’y adapter ?
Nous devons nous préoccuper d’eux car ils ont le potentiel pour inventer les solutions de demain. Faut-il rappeler qu’aujourd’hui ce sont les moins de 35 ans qui s’engagent le plus dans le bénévolat tandis que ceux de plus de 65 ans se font plus rares ? Faut-il rappeler que nous avons plutôt tendance à voir ce qui ne va pas chez les jeunes et que nos représentations sociales oscillent entre une jeunesse victime et une jeunesse menace et tendent moins souvent vers une jeunesse ressource ?
Alors oui, nous devons nous préoccuper des jeunes, de leur santé, de leurs conditions de vie, de leurs projets. Cela constitue même un enjeu politique de taille. Il faut espérer que les prétendants aux élections présidentielles se saisiront des questions liées aux conditions de bien-être des jeunes, elles-mêmes liées à la pérennité de notre modèle de société basée sur la solidarité et la justice sociale. À la Mutualité Française, nous serons vigilants à ce que les candidats s’en emparent. C’est tout le sens de notre démarche initiée autour des États généraux de la santé et de la protection sociale. Les premiers résultats montrent que les Français se préoccupent des générations à venir et espèrent pour elles la sauvegarde de notre modèle de protection sociale, l’accès aux soins pour toutes et tous, la préservation de l’environnement, le développement de la prévention et tout cela en renouant avec nos valeurs fondatrices d’égalité et de solidarité.
Fabienne Colas
Présidente de la Mutualité Française Bretagne