À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars prochains, la question de la santé est devenue centrale. Car l’accès aux soins, en Bretagne comme dans le reste du pays, est devenu un marqueur fort des inégalités sociales et territoriales. Pour beaucoup, consulter un médecin, trouver une place en crèche, consommer une eau du robinet sans risque ou accompagner un proche vieillissant est devenu un chemin semé d’obstacles.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : près de neuf personnes sur dix vivent aujourd’hui dans un désert médical, comme c’est le cas dans certains territoires de Centre Bretagne. Environ six millions de Français n’ont pas de médecin traitant, et les délais pour obtenir un rendez-vous continuent de s’allonger. Dans certaines communes, notamment rurales ou périurbaines, l’offre médico-sociale est quasi inexistante : pas de centre de santé, pas d’EHPAD, parfois même pas de solution d’accueil pour la petite enfance.
Face à ces défis, la Mutualité Française agit depuis longtemps comme une actrice de terrain, au plus près des besoins des personnes. Présente partout en France, elle développe des centres de santé, des établissements médico-sociaux, des services pour la petite enfance, le vieillissement, et déploie des milliers d’actions de prévention gratuites. Ces initiatives, ancrées localement, montrent qu’il est possible de construire des réponses solidaires, non lucratives et durables. Le baromètre Santé-Social mené avec l’Association des Maires de France en témoigne : là où les acteurs mutualistes sont présents, des solutions concrètes émergent.
À l’approche des élections municipales, la Mutualité Française souhaite amplifier cette dynamique. Nous proposons aux candidates et candidats un socle commun de mesures, adaptable aux réalités locales, pour renforcer l’offre de soins de proximité, garantir l’accès à la protection sociale, et lutter activement contre la financiarisation dans les secteurs sanitaire et médico-social.
Parmi nos propositions, nous conseillons aux futur.e.s maires de faire appel aux acteurs de l’ESS pour leurs établissements d’accueil de la petite enfance, leurs EHPADs et les établissements de santé. De privilégier les CPOM contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens aux DSP délégations de service public dans leur contractualisation avec le secteur privé, car les critères y sont plus exigeants d’un point de vue social et environnemental.
La prévention occupe aussi une place centrale dans nos propositions : formation des agents municipaux aux premiers secours en santé mentale, développement des équipements sportifs de plein air, démarches d’aller vers, activité physique et sport-santé, autant de leviers que les communes peuvent activer.
Notre objectif est clair : faire des communes les moteurs de politiques de santé justes, accessibles à toutes et tous, et inscrire durablement la santé au cœur des projets municipaux.